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Considérer l’échec des étudiants entrepreneurs

5 septembre 2017

Considérer l’échec des étudiants entrepreneurs

L’entrepreneuriat étudiant connaît un engouement apparemment sans précédent. En France, bien que de nombreuses initiatives préexistaient, il a connu un essor important par la formation d’un réseau national lancé en 2010 (Pôle de l’Entrepreneuriat Etudiant, devenu PEPITE en 2014, pour pôle étudiant pour l’innovation le transfert et l’entrepreneuriat). Ce réseau a été créé pour favoriser l’entrepreneuriat étudiant et l’encadrer avec, à l’origine, l’objectif principal d’inciter les établissements de l’enseignement supérieur à informer sur l’entrepreneuriat, à intégrer celui-ci dans les cursus (sensibilisation, formation) et à mettre en place les moyens de préparer les étudiants porteurs d’un projet à rejoindre l’écosystème entrepreneurial (voir le site gouvernemental ici). Cette préparation correspond à une pré-incubation, avec par exemple la mise à disposition d’espaces gratuits de coworking et un encadrement capable de conseiller les étudiants susceptibles d’effectivement entreprendre durant leurs études, ou plutôt d’aider le couple porteur-projet à gagner en maturité pour être accueilli par les structures professionnelles de l’accompagnement auxquelles les établissements de l’enseignement supérieur n’ont pas à se substituer. Un statut « Etudiant-Entrepreneur » a été créé afin d’offrir, entre autres, aux étudiants la possibilité d’effectuer leur stage d’études sur leur projet et d’accéder au Diplôme Universitaire D2E (Diplôme d’Etudiant Entrepreneur), lequel vise à apporter les ressources cognitives de base à tout projet d’entreprendre. Ces projets peuvent être de type divers, mais la création d’entreprise représente la quasi-totalité des intentions d’entreprendre.

Selon les éléments reçus de l’initiateur du réseau PEPITE, le Pr. Jean-Pierre Boissin, en 2016-2017, les 29 pôles PEPITE ont accordé le statut Etudiant-Entrepreneur à 2267 étudiants (pour 3300 demandes, mais d’autres comités d’agréments sont en cours), alors que 1427 des 1884 candidats l’avaient obtenu en 2015-2016 (645 statuts accordés pour 923 demandes en 2014-2015, année du lancement).

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Figure 1. Nombre de demandes du statut national Etudiant-Entrepreneur et nombre accordé.

La progression est importante et se prête à de nombreuses lectures disciplinaires mais elle appelle sans doute une recherche transdisciplinaire pour comprendre ce mouvement de fonds et, à partir des enseignements ainsi tirés, apporter des solutions aux problèmes que les étudiants rencontrent (ou aux aspirations qu’ils portent, ces dernières étant parfois associées à un effet générationnel). Ces problèmes ne sont pas uniquement liés à une orientation entrepreneuriale, notamment lorsque celle-ci est choisie par dépit ou juste suite à l’intérêt suscité par une pédagogie innovante engageant les étudiants dans l’action (comme c’est souvent le cas en enseignement de l’entrepreneuriat) et leur paraissant rompre avec une approche plus classique de l’enseignement dont ils se sont éventuellement lassés.

Sans ici inventorier les obstacles, parfois « normaux » car inhérents soit à l’acte d’entreprendre soit au statut estudiantin des porteurs de projet, je m’intéresse ici à un problème qui semble (ou devrait) cristalliser tous les autres, à savoir éviter l’échec des étudiants entrepreneurs, au moins dans la triple dimension financière, psychologique et relationnelle. La question posée est de savoir si les établissements de l’enseignement supérieur s’y intéressent suffisamment, et le sujet ne sera pas épuisé par cette première lecture.

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Des étudiants entrepreneurs échoueront

Les établissements de l’enseignement supérieur sont placés, avec l’entrepreneuriat, devant une forme d’insertion professionnelle relativement nouvelle dès lors qu’elle s’étend dans les proportions évoquées précédemment. Ils expliquent, à juste titre, en reprenant le propos d’enseignants-chercheurs convaincus depuis plusieurs décennies de la nécessité d’apporter a minima une sensibilisation à l’entrepreneuriat, que l’esprit d’entreprise doit animer une population de jeunes qui entreprendront pour leur propre compte ou pour le compte des organisations les employant (elles-mêmes devant entreprendre), dans le secteur privé comme dans le secteur public, et quel que soit le domaine d’activité (art et culture, sport, économie sociale, etc.). Cette lucidité est bienvenue pour imaginer une dynamisation multiforme (personnelle, sociale, économique, culturelle, …), mais elle laisse pourtant dans l’ombre quelques aspects cruciaux.

Malgré les efforts mis en œuvre, des étudiants-entrepreneurs échoueront, et c’est évidemment déjà le cas de certains d’entre eux, même s’ils ont bénéficié des meilleures ressources que l’enseignement supérieur peut apporter, souvent avec la complicité d’un tissu local comportant les compétences afférentes. Ainsi en est-il des porteurs de ce projet primé mais dont les membres de l’équipe entrepreneuriale se sont disputés. Ou de cet autre dont le marché n’était pas suffisamment prêt, malgré une étude qualitative autorisant des conjectures optimistes. La liste pourrait être longue, reprenant des causes d’échecs que l’écosystème entrepreneurial connaît, auxquelles on ajouterait des contingences plus singulières au statut des porteurs étudiants. Ceci pour dire qu’il y a eu, il y a et il y aura des échecs d’étudiants-entrepreneurs, c’est inéluctable. Les ressources apportées (connaissances, accompagnement, espace de travail, relations, témoignages, mentorat, cas, stage, parrainage, parfois financement par le truchement de concours, …) ne peuvent garantir le succès, même si elles visent à réduire le nombre d’échecs et qu’elles y parviennent sans doute en partie. Encore faudrait-il mener une recherche sur ce point (sans doute plusieurs, portant sur l’échec, sur les succès, sur l’évaluation des dispositifs, etc.).

Les établissements de l’enseignements supérieur sont également devant une relative nouveauté en ce sens que les formations conduisent généralement les étudiants vers des structures socialisantes employant les compétences de leurs jeunes recrues tout autant qu’elles leur apportent les clés de l’insertion. Les stages, et plus encore les formations en apprentissage permettent d’anticiper le glissement des statuts, c’est-à-dire le passage du statut d’étudiants à celui de salarié. L’organisation recrutant endosse alors les responsabilités inhérentes à son rôle d’employeur. Les relations entre le monde des employeurs et celui de la formation ont été optimisées pour que les savoir-faire techniques soient apportés et que les savoir-être soient améliorés (quoique ce domaine échappe en partie à un système éducatif ne pouvant pas se substituer à toutes les formes d’éducation). Les bureaux d’aide à l’insertion et les responsables de programmes pédagogiques travaillent depuis de nombreuses années pour faciliter le changement de statuts évoqués précédemment. Mais si le passage de témoins semble rodé lorsque l’insertion professionnelle se fait par le salariat, il semble toujours en rodage lorsqu’il s’agit d’entrepreneuriat … (la phrase opère par commodité, car on ne pourra pas systématiquement opposer salariat et entrepreneuriat, par exemple « juridiquement » un entrepreneur possédant 50% d’une Sarl peut choisir le statut de salarié).

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PEPITE : structure pérenne ou projet temporaire …

Le réseau PEPITE a été un formidable accélérateur. S’appuyant sur la notion plus ancienne de « maison de l’entrepreneuriat », testée trop confidentiellement, il a mis, directement ou indirectement, à la disposition des établissements de l’enseignement supérieur des ressources (humaines, financières, cognitives, numériques, …) en respectant les compétences locales, puisqu’à peu près dans toutes les régions de France certains établissements en possédaient, notamment ceux où des enseignants-chercheurs travaillaient plus ou moins formellement en réseau grâce aux associations académiques intéressées par ces thèmes (principalement l’Académie de l’Entrepreneuriat et de l’Innovation, ainsi que l’Association Internationale de Recherche en Entrepreneuriat et PME). Le thème de la pédagogie de l’entrepreneuriat y fait l’objet de travaux de recherche depuis longtemps, lesquels autorisent un apport prudent de connaissance dans les moyens à déployer, sans évidemment oublier de mobiliser un réseau de praticiens dont les témoignages et méthodes sont précieux (réseau de complément et pas de substitution, pour ne pas oublier, dans l’autre sens, que l’enseignement est un métier appelant des compétences particulières, mais c’est un autre sujet … cf. le PS). Le premier congrès de l’Académie de l’Entrepreneuriat de novembre 1999 s’y était consacré pour, déjà, favoriser les échanges à ce propos. Il faut dire qu’à cette époque l’entrepreneuriat peinait à s’imposer comme matière d’enseignement, freiné par des partisans d’une approche par les traits considérant, certes pour résumer, que l’entrepreneur se définit essentiellement par un profil psychologique réservé à certains individus (sans qu’ils aient connaissance de cette approche théorique et sans qu’ils aient conscience des travers associés).

Ceci pour dire qu’à certains endroits, lors de la création des PEPITE en 2010 (appelés alors PEE, pour Pôle de l’Entrepreneuriat Etudiant), les compétences pouvaient être solides, éprouvées et même reconnues. Pour le PEPITE local, Il s’agissait alors de disséminer plus largement ces compétences (ainsi que, au niveau national, participer aux échanges de bonnes pratiques), de sorte à ce que les établissements du territoire moins bien pourvus puissent se les approprier, ce qui veut dire, très concrètement, s’engager à les intégrer dans leur stratégie pédagogique et leurs référentiels de compétences (insérer l’entrepreneuriat dans les maquettes de formation avec délivrance de crédits ECTS voire diplomation, supporter les coûts afférents et ne plus dépendre des dotations déversées dans les PEPITE, voire engager les emplois des personnes initialement recrutées dans les PEPITE lorsque ce n’était pas le cas et ainsi leur offrir un cadre moins précaire, etc.). La programmation des actions supposait de dépasser la phase d’investissement par une exploitation prise en charge par les établissements. Les subventions originales étaient appelées à se tarir et les modèles économiques devaient être pensés pour que le fonctionnement ne soit pas sous perfusion des subventions d’exploitation. C’est en partie là que le bât blesse, car la promesse d’intégration (au sens précédent) n’est pas forcément tenue (ou plutôt elle ne l’est pas partout car certains établissements ont respecté la promesse initiale). On a également pu remarquer une multiplication des actions conduisant à amalgamer l’investissement et l’exploitation (couple dont il convient pourtant, sur le plan financier, de distinguer les composantes dans le montage des projets entrepreneuriaux …). Le caractère non pérenne des aides au lancement des PEPITE, il y a 7 années, a été oublié avec, comme première conséquence, un écart par rapport à l’objectif d’intégration totale des actions en faveur de l’entrepreneuriat étudiant dans les établissements. Il faut dire que, d’une part, ces derniers ont parfois des situations budgétaires n’aidant pas et, d’autre part, ont pu bénéficier de la montée en compétences du PEPITE. Qui plus est, alors que ces établissements ne possédaient pas ces compétences en interne, d’une part, les perspectives de recrutement limitaient les possibilités d’intégration et, d’autre part, la quantité d’heures d’enseignement à distribuer entre les personnels en place éloignait les possibilités de les former pour qu’ils insèrent l’entrepreneuriat dans leur service. Pourtant, si l’entrepreneuriat est reconnu comme une forme d’insertion professionnelle alternative du salariat, alors les établissements devraient le considérer comme un facteur clé de succès de leurs stratégies pédagogiques (et ne pas oublier qu’un facteur clé de succès ne se sous-traite pas, bien qu’il puisse conduire à des partenariats).

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Dans le même temps, donner un sursis et poser un ultimatum

Si le propos semble s’éloigner du thème de l’échec des étudiants entrepreneurs, ce rappel et le constat proposé visent à marquer les esprits car, alors qu’un nouvel appel pour la pérennisation des PEPITE n’a pas été lancé, la non intégration de l’entrepreneuriat dans la politique des établissements, c’est-à-dire dans leur périmètre propre, met en danger les étudiants entreprenant.

S’agissant de la nécessité d’intégrer l’entrepreneuriat aux maquettes, a minima, une opération de sensibilisation s’impose, plaçant les étudiants en situation d’entreprendre, ou plutôt à les faire jouer à entreprendre. Il s’agit alors de placer une unité d’enseignement si possible obligatoire, partant de la mobilisation de la créativité des étudiants pour ensuite les engager dans un mode projet pour une réalisation dont l’objectif est réel ou fictif. Force est de constater que ce niveau a fait l’objet d’une dynamisation sur la dernière décennie (à peu près), autrement dit grâce au réseau PEPITE.

Quant aux formations spécialisées, les Licences Professionnelles et les Masters en entrepreneuriat sont suffisamment nombreux et répartis sur tout le territoire français pour garantir leur accessibilité. Ces formations, par un partenariat entre institutions, peuvent s’ouvrir à des étudiants d’autres cursus (ex : un étudiant d’école d’ingénieur venant suivre, durant son cursus, une année de formation dans un Master entrepreneuriat d’un autre établissement).

Il reste à penser l’optimisation d’une insertion professionnelle par l’entrepreneuriat des étudiants engagés dans d’autres cursus, qu’il leur serait souvent dommage d’abandonner. Et c’est principalement à ce niveau que la question de l’échec des étudiants entrepreneurs doit être posée pour imaginer les solutions visant à le réduire. La bonne idée de la création d’un diplôme d’étudiants entrepreneurs (accessible à des personnes en scolarité ou ne l’ayant pas quitté depuis plus de plus de trois ans) doit alors se coupler à la mise en place d’espaces de pré-incubation (co-working). Si cet ensemble de dispositifs a été pensé depuis plusieurs années, sa délégation, en tout ou partie, à un PEPITE dont la pérennité n’a jamais été promise par les tutelles, doit aujourd’hui faire l’objet d’une discussion supposant le préalable des intégrations effectives ici appelées.

Pour y parvenir, les PEPITE ont sans doute besoin d’un sursis mais, dans le même temps, un ultimatum peut être posé aux établissements (tout en entendant certains d’entre eux dire qu’ils ont besoin d’un peu plus de temps, et tout en leur rappelant que depuis 2010, et parfois bien avant, les séminaires de sensibilisation leur étaient proposés tout autant que la formation de formateurs).

Le sursis consiste par exemple à offrir aux PEPITE une année supplémentaire de subvention pour leur fonctionnement, avec comme principal objectif de travailler avec les établissements à l’insertion dans leurs stratégies des actions en faveur de l’entrepreneuriat des étudiants, puisque le réseau PEPITE, dans sa forme actuelle, n’était pas destiné à être pérenne (ce point était clair lors des 2 phases de labellisation). Certes, une forme de coordination locale (restant à définir s’agissant de ses limites géographiques, en prenant parfois le prisme d’un territoire, parfois celui d’un établissement ayant une taille critique, etc.), à concevoir, peut s’y substituer, par exemple pour animer un réseau de référents entrepreneuriat dont les membres ont souvent apprécié le fait de partager des expériences. Cette coordination pourrait être appuyé par une association nationale ayant son propre congrès (lequel pourrait comporter une partie portant sur la recherche dans le domaine de la pédagogie de l’entrepreneuriat), mais également une revue en ligne, un blog, etc. (certains de ces points étant déjà initiés). Gageons que le PIA PEPITE France, hébergé par la FNEGE (voir ici), aura déjà travaillé sur, entre autres, de telles perspectives.

L’ultimatum appellerait, à mi-chemin, une démonstration, par chaque établissement concerné, de ses actions en faveur de l’intégration de l’entrepreneuriat à, d’une part, ses politiques pédagogiques et, d’autre part, ses actions d’insertion professionnelle des étudiants. Ces stratégies n’interdisent pas les accords entre établissements, puisque certains peuvent avoir, à la fois, les compétences, les moyens ou la taille critique que d’autres ne possèdent pas (la taille critique de ces établissements justifierait qu’ils aient leur propre PEPITE interne si le réseau devait être pérennisé, le nouveau découpage régional élargissant notablement les territoires et diluant les effets de proximité). Dans tous les cas, il convient d’imaginer la façon de recruter les ressources humaines ayant porté les PEPITE, d’une part parce qu’elles ont accumulé des compétences dont il serait dommage de se passer et, d’autre part, parce que sur le plan humain c’est une façon de leur apporter, tant que faire se peut, un emploi peut-être moins précaire. Le caractère, a priori (qui sait, des discussions sont peut-être en cours, mais elles ne devraient pas remettre en cause les intégrations de ce billet), non pérenne du réseau PEPITE est, pour des salariés, anxiogène (certains PEPITE ont réduit leur effectif dédié à l’entrepreneuriat puisque les financements ne semblent plus garantis), les acteurs déployant alors des stratégies visant davantage à justifier l’existence de leur structure, entre autres en multipliant les types d’action, qu’à répondre à l’objectif d’intégration dans les établissements. Il faudra également remarquer que les personnels en poste au sein des PEPITE ont développé des qualités relationnelles en mobilisant un réseau de compétences dont bénéficieront les structures les recrutant. Ces personnels ont énormément travaillé et sont souvent en capacité de piloter, avec les enseignants, les responsables de programme et les scolarités, la poursuite des actions ; la pérennité de leur emploi passe par une sécurisation, c’est-à-dire sans doute par une intégration de leurs compétences dans les établissements, quand ce n’est pas encore fait (les PEPITE ne sont pas tous exactement sur le même modèle organisationnel). Autrement dit, sur ce plan, la sécurisation des emplois devrait être une évidente priorité.

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Quid des étudiants ?

La meilleure garantie pour les étudiants que leur risque d’échec soit réellement considéré, me semble-t-il, est que leur établissement intègre l’entrepreneuriat à ses maquettes. On le sait depuis l’origine des Maisons de l’Entrepreneuriat, puis PEE, puis PEPITE, mais cette intégration a été regardée sous les angles administratif, budgétaire et, certes, pédagogique (et un peu politique, notamment lors de stériles joutes entre institutions). Ici, je vous parle de l’intégration dans les maquettes pour éviter les échecs. On est loin des statistiques et des comptages d’étudiants ayant demandé ou ayant obtenu le statut d’Etudiant-Entrepreneur. Qui oserait expliquer à des parents, ayant envoyé leur enfant à l’autre bout de la France, que celui-ci n’a pas réussi ses examens pour se lancer dans un projet entrepreneurial suite à un séminaire lui ayant révélé cette perspective, et alors que son projet a échoué, que le risque entrepreneurial zéro n’existe pas (en ajoutant que leur enfant est majeur … etc.). Tout établissement intégrant l’entrepreneuriat dans ses maquettes endosse des responsabilités qu’il ne peut pas déléguer à une structure dont le périmètre appelle une révision pour participer à la diffusion effective d’une culture entrepreneuriale (dissémination des méthodes pédagogiques pertinentes, formation de formateurs en s’appuyant sur les compétences locales ou nationales reconnues, etc.).

Cette culture ne concerne pas que la création d’entreprise, mais l’intention d’offrir un spectre plus large ne doit pas, d’une part, évacuer les responsabilités prises vis-à-vis des étudiants créant une entreprise et, d’autre part, faire oublier les entrepreneurs dont les talents peuvent être tôt révélés (parfois dès le secondaire, comme peut en témoigner, entre autres, le dispositif « Osez l’entrepreneuriat » conduit par le rectorat de l’Académie de Bordeaux, voir ici). Bref, il ne faudrait pas oublier ceux qui véritablement entreprennent. On lira, sur un registre proche, avec grand intérêt le papier d’Olivier Germain et Amira Laïfi (ici).

On lira avec au moins autant d’intérêt, et en un peu plus de temps, le travail expert de Julien Cusin sur l’échec. Tiens, d’ailleurs je vais prochainement proposer à un doctorant un sujet de thèse sur l’échec des étudiants entrepreneurs … (ou peut-être un mémoire dans un premier temps). Dans un prochain papier, je proposerai la création d’une école de l’entrepreneuriat, dont le périmètre (ou la structure organisationnelle) n’est pas incompatible avec le propos ici tenu. Elle pourrait poursuivre l’action du réseau PEPITE. Elle apporterait r des connaissances sur au moins 9 aspects : les compétences des porteurs de projets, la conception d’une offre pertinente, la capacité à mettre en œuvre le projet, l’identification des sources de revenu, l’estimation de ce dernier, le montage financier, la cristallisation d’un réseau de partenaires, le décodage des milieux traversés par le projet, l’évolution de l’écosystème.

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Pr. Thierry Verstraete

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PS : le texte aurait été trop long si j’avais développé les points suivants alors que les synergies sont fortes, mais prochainement, et à la suite de ce billet, je parlerai du bon sens consistant à garder l’enseignement de l’entrepreneuriat dans le périmètre des écoles, lycées et universités et à ne pas le sous-traiter, du moins totalement car même si les collaborations avec l’écosystème entrepreneurial permettent évidemment d’enrichir le contenu (ex : témoignages, visites, mises en situation, etc.), l’enseignement est un métier et, n’en déplaise à quelques-uns, l’entrepreneuriat s’enseigne. Je parlerai aussi de cette irresponsable idée d’évaluer les dispositifs mis en place au sein des écoles, lycées et universités sur la base des entreprises effectivement créées, une réponse à l’appel des sirènes du numéro SIRET, le lien avec le thème de l’échec est assez évident.

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